Sur les traces des Bedik...

Publié le par Estelle

Village Bedik d'AndielVillage Bedik d'Andiel
Village Bedik d'AndielVillage Bedik d'Andiel
Village Bedik d'AndielVillage Bedik d'AndielVillage Bedik d'Andiel
Village Bedik d'AndielVillage Bedik d'Andiel

Village Bedik d'Andiel

Comment ne pas tomber sous le charme des Bedik, cette ethnie si singulière et qui ne renonce pas à ses traditions ancestrales. Ce peuple vivant autour de la pierre, la dolérite alors que les voisins peuls et malinkés préférant les plaines de latérites. Mais, que savons-nous de leur histoire ? 

 

Territoire des Bediks, région de Bandafassi

Territoire des Bediks, région de Bandafassi

1. Le pays Bedik :

Les Bedik et les Bassari sont souvent confondus, et pourtant ceux sont bien deux ethnies différentes, vivant dans des territoires différents. Mais, les Bedik étaient appelés Bassari du Bandemba désignant les massifs rocheux de latérites, lieu de prédilection pour cette petite population. D'ailleurs le nom Bedik vient de cette pierre qu'ils nomment i-gany i-dik « pierre bedik ».

L’actuel pays Bedik est compris dans un quadrilatère de 300 km2 situé au Sud de la Gambie et à l’ouest de l’axe routier Tamba-Kédougou, où ils se partagent les sols avec les Peuls et les Malinkés.

Le territoire actuel des Bediks est restreint, dû fait des guerres menées au début du siècle dernier par le Peul Alfa Yaya qui cherchait à islamiser toutes ces populations. Mais, aussi dû aux dominations successives des lignées d'abord les Sadyaxo, puis celles des Kamara et enfin des Keïta. Les Sadyaxo, les chefs religieux ou plutôt chef de la coutume, sont chargés de faire l'intermédiaire entre les hommes et les esprits de la brousse. Ils semblent occuper le sol depuis plus longtemps que les Kamara. D'après les légendes racontées sur l'histoire des fondations des différents villages, les Keita seraient venus après. Enfin les Kante, les forgerons sont les derniers venus.

L’histoire des Bedik est donc faite à la fois, d’intégration d’éléments extérieurs, Keïta et Bapen, et de diminution de l’étendue de leur zone d’habitat.

Plusieurs lignées ont disparu ou vont disparaitre puisqu’elles ne sont plus représentées dans cette société patrilinéaire, que de vieilles femmes. 

Sur les traces des Bedik...

2. Les guerres d’Alpha Yaya.

Alfa Yaya venu de Guinée, veut convertir les bassari, les Bedik et les Malinké à l'islam. La guerre qu'il mena fut un massacre et plusieurs villages ne résistèrent pas et disparurent. Beaucoup de Bedik s'enfuirent en zone Malinké qui les aidèrent à faire front (des fortifications résultent de cette défense au site de Yéromousso).

La légende du Mansa Wali, nom donné à un mégalithe est née...

Le chef Malinké, Wali, était parti combattre les Peuls à Bokoli, quand il se vit menacé par un peul, il se changea en pierre, mais le Peul eut le temps de lui trancher la tête, c’est pourquoi la pierre a cette inclinaison. Les Bedik offrent des sacrifices à la pierre du Mansa Wali depuis qu’un Barangar d’Andiel eut, en coupant des bambous, la révélation que cette pierre pouvait les protéger contre les Peuls.

Deux autres groupes de mégalithes lui sont apparentés. L’un est à l’ouest d’Iwol, la femme et les fils de Mansa Wali. La pierre dressée qui figure la mère a été décapitée par le « Toucouleur » et est séparée en deux fragments : le fragment supérieur (tête) doit être transporté en courant de l’autre côté du sentier, puis remis en place par le madyapesya candidat à la circoncision : il prouve ainsi qu’il est assez fort pour aborder les épreuves qui l’attendent. L’autre est à Bantata, il représenterait la fille de Mansa Wali ; c’est cette pierre dressée sur laquelle le chef religieux beagung peut faire des sacrifices et qui se trouve en bordure du village.

Malgré Mansa Wali, la guerre dispersa les Bedik. Certaines familles restèrent là où l’exode les avaient conduites.

Sur les traces des Bedik...

3. Les villages:

Le regroupement des Bedik après la guerre se fit dans quatre anciens villages : Iwol, Etyès, Andiel, Etywar et deux nouveaux villages se créèrent en terre malinké : Bantata et Usunkala.

Village, ce que les Bedik nomment i-kon est le lieu où se déroulent les fêtes rituelles, et chaque lignée y occupe une ou des maisons. C’est aussi là où l’on trouve la maison commune des hommes initiés et pour certains la forge.

Pour qu’un village existe, il faut, disent les Bedik, qu’il soit représenté de Keïta et Kamara. Chaque nom de lignée bédik s’accompagne d’une dénomination mandingue : Keïta, Kamara, Sadyaxo, Kanté et Samura qui détermine les types de fonction sociale. C’est parmi les Keïta qu’est choisit le chef du village adem ar i-kon « responsable du village ». Parmi les Kamara on trouve ses aides (rôle d’intermédiaire et de sacrificateur). Les sadyaxo peuvent être chefs religieux adem ar usyil. Les Kante et Samura sont des forgerons.

L’histoire de la fondation des villages est donc aussi l’histoire de la répartition de ces fonctions dans chaque village, et par conséquent celle des différentes lignées.

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WEMMERT 12/09/2015 17:34

A l'image de l'auteur . Juste magnifique !!