Bedik masqué !

Publié le par Estelle

Masque syumbumbu

Masque syumbumbu

Dans les masques Bedik, apparaissent trois catégories de beyid qui apparaissent souvent en groupe. Enfants du Gindam (masque auditif, le père de tous), ces masques se font appeler "grand-père" ou "grand-mère", ce qui n'est pas sans rappel aux ancêtres suggerés derrière les masques. Leurs costumes est un renvoi à la brousse, vu qu'ils sont entièrement végétaux. Leur visage est caché, personne ne doit savoir qui se trouve derrière... Les costumes ne sont pas conservés, et donc sont fabriqués à chaque sortie dans le bois sacré, pour ne pas que les femmes voient. Les parties apparentes du corps sont enduites de couleur blanche (kaolin), rouge (argile) ou noire (charbon). Ces couleurs ne sont pas anodines : chez les Banapas, les Kankourang masques s'il sont rouges sont de la lignée Banapas, s'ils sont noires, c'est des Biwol. Lors de la fête de Gamond, les dokota des Kamara non-korgerons sont blancs, ceux des forgerons, noirs, et ceux des Keita, tachetés de points rouges et blanjcs sur fond noir. Rien n'est simple...

Les premiers types de masques sont les kankourang, dont le costume est dominé par le rouge de leur cagoule et de leur tunique d'écorce. Ils portent autour de la taille et des chevilles, une épaisse couronne de feuilles de karité dont ils jouent en marchant, tout en se battant les flancs avec les coudes pour produire un bruissement qui évoqie la brousse. Armés de sabre ou de gerbes de longues baguettes souples, ils fouettent lesjambes des villageois pour maintenir l'ordre, montrer leur agressivité et défendre leur accès à la bière de mil. A la fête de Manindam (première initiation), ils se partagent les rôles au départ du cortège vers la brousse, départ qui marque le début de l'initiation: certains président à la préparation des futurs initiés, d'autres, les protègent contre les derniers les empêchent d'avancer au bois sacré où les masques seront démasqués; C'est une grande bataille de masques !! Ces masques font des prouesses acrobatiques et s'expriment avec une voix de gorge tendue. 

Les deuxièmes types de masques sont les dokota, avec leur costume de feuilles vertes, comme des buissons ambulants ! Ils chantent et crient d'une voix de tête comme une femme. Ils tiennent de la main droite un batonnet et de l'autre un bouquet de feuilles de karité. Leur grande fête est le Gamond, fête de la fertilité, sous le controle de Gindam, ils chantent et dansent avec les femmes. Ils sont également présents, avec les Syambumbu dont ils sont les femmes, les travaux de corvées agricoles du début de l'hivernage jusqu'aux premières récoltes. 

Les troisième types sont les syambumbu, avec leur costume clair de palmes de rônier dont sont faits leurs magnifiques chapeaux aux ornements de pailles et de fibres. Ils frappent de leur pouce gauche, qui porte un anneau, une cloche en fer, et ils tiennent de la main droite une haute canne garnie de sonnailles. Ils ont au poignet gauche un bouquet de feuilles : pomme cannelle de bousse. Associés aux forgerons, ils accompagnent leurs chants et leurs danses du son métallique des sonnailles et des grelots. Leur voix de gorge est très grave. Leur première apparition saisonnière coïncide avec la fête de Gamond. Ils ont plus une fonction d'animateur des travaux collectifs. Ce sont eux que les femmes pleurent le départ, en août, avant la première récolte de maïs. Ils symbolisent le goût de la vie, le retour de la fertilité, la joie et la beauté. 

Enfin, trois masques particuliers existent: Fingum, Tingom et Pena Betyel. Les deux premiers s'apparentent aux kankourang masculins, et le troisième aux dokota féminins. Pena Betyel ne sort, lors de stravaux agricoles du début de saison des pluies, que certaines années ! En effet, sa visite necessite d'abondances quantités de bière et de nourriture de la part du propriétaire du champ qui veut ainsi attirer une masse de travailleurs à une époque où les réserves sont au plus bas. Un bon moyen pour se donner du courage !!!

Tingom, lui se manifeste par un comportement agressif (comme les kankourang), il frappe violemment et avec colère tous ceux qui se trouvent sur son passage. Il est si méchant qu'il se frappe lui-même !!! 

Quand à Fingum, entièrement camouflé par un costume d'écorce, il sort à l'aube pour  faire le tour du village avec la rapidité d'une flèche, il est silencieux. C'est un virtuose de rapidité.

Ainsi les masques sont démasqués !!!

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