Au coeur des tribus : les Keita, les Kamara Bedik

Publié le par Estelle

Au coeur des tribus : les Keita, les Kamara BedikAu coeur des tribus : les Keita, les Kamara Bedik

Keita / Kamara les deux grandes lignées de Bedik; ils ne sont pas opposés mais complémentaires. Dans un village, il est nécessaire d'avoir des Keita et des Kamara, de même chacun doivent habiter dans les quartiers Haut et Bas. 

  • Le lignage Keita forment un groupe plutôt homogène où est désigné le chef de village, l'adem ar ikon.
  • Le lignage Kamara est plutôt hétérogène où différents lignages apparaissent sous les noms malinkés suivants : les Kamara proprement dits, les Sadiakho où est désigné le chef de la coutume, les Samura et les Kante. Les deux derniers désignent des lignées de forgerons. Ce qui entraine, chez les Bediks, aucune endogamie de caste. 
Au coeur des tribus : les Keita, les Kamara Bedik

La légende raconte qu'autrefois les Kamara et les Keita s'ignoraient. Les Kamara vivaient en Haut, dans leur village perché. 

les Keita, eux menaient une vie dans la brousse en Bas. Ils ne commencaient rien d'un village et habitaient dans des paillotes. Ils dormaient sur du bambou. Rois de la brousse, ils avient appris à domestiquer certains animaux et certaines plantes. Ils mangeaient du pain de singe et cultivaient le maïs. Mais, ils ignoraient les techniques associées à la vie de village et n'avaient pas d'armes pour chasser. 

Les Kamara savaient construire des cases en terre sèche, connaissaient l'art de la forge ainsi que les diverses techniques de fabrication des objets, notamment des costumes et des instruments destinés aux mises en scène d'Usyil. ils cultivaient le mil. 

Un matin, un Kamara partit à la chasse, en bas, en brousse et tua une antilope. C'est alors qu'il rencontra les Keita et leur proposa de venir vivre avec eux, là-haut, dans un village. 

Une autre légende raconte qu'un génie du lieu s'interposa à mi-pente entre le Keita qui montait et le Kamara qui descendait à sa rencontre pour l'amener au village. Après de difficiles démêlés et tractations avec ce génie, les représentants des deux moitiés purent se rejoindre et s'associer dans le village. Pour convaincre les Keita de rester, les Kamara leur proposèrent de prendre en main les affaires du village et d'assumer la charge d'adem ar ikon. De leur côté, les Keita laissèrent les affaires de la brousse et les animaux sauvages aux Kamara qui connaissaient mieux la chasse. L'initiation, les rites d'Usyil sont donc leur affaire. 

Ils ont des obligations les uns envers les autres. Keita et Kamara chassent et élèvent des animaux domestiques. Si un Keita abat une vache, il doit donner les os à moelle aux Kamara comme un symbole du village qui leur appartenait, et si un Kamara tue un gros gibier, il doit donner les os à moelle aux Keita comme symbole de la brousse qui leur appartenait. Les Keita ont le sel qu'ils doivent fournir lorsqu'on fait cuire un animal sur la place du village ou en brousse, les Kamara apportent les ingrédients de la sauce. La première gorgée de bière de mil prise en commun est pour les Kamara, tandis que la dernière est pour les Keita; pour la bière de maïs, c'est l'inverse. 

Les flûtes et les grands tambours qui sortent publiquement sur la place du village pendant les fêtes qui suivent la rentrée des récoltes, sont aux Keita, alors que les petits tambours et les rhombes, dont le jeu relève du mystère et reste caché aux femmes, sont aux Kamara. 

 

Maîtres de la brousse et de la chasse, les Kamara seraient des prédateurs excessifs et habiles, tandis que les Keita, maitres du village, seraient des consommateurs non moins habiles et excessifs!

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