Havre de paix, Ndangane Sambou

Publié le par Stelle Djisébénia

Havre de paix, Ndangane SambouHavre de paix, Ndangane Sambou

Le « havre » en wolof, Ndangane, autrefois appelé Ndangane Sambou, du nom de celui qui aurait, le premier, repéré le coin afin d’y construire un village. Village de pêcheurs Niominkas, il est devenu l’un des principaux embarcadères du Saloum.

En effet, l’histoire de ce village remonte en 1892. Cette année-là, le nommé Sambou Sarr de l’île de Ndjirnda a été chargé d’aller chercher des troncs de rôniers dans la forêt de Samil, située entre les villages de Fimela et de Samba Dia. Les arbres devaient servir à la construction de ponts chez les insulaires. C’est alors à Ndangane, au bord de la mer, que Sambou Sarr va installer son quartier général pour couper le bois et le ramener à la côte, et de là l’acheminer vers les îles. Le site sera donc un gîte d’étape qui va se transformer avec le temps.

C’est un village principalement peuplé de Sérères dont la principale activité demeure et reste la pêche. Peu de gens parmi les populations pratiquent l’agriculture, faute de terres. La salinité des sols ne facilite pas cette activité. Le village est coincé entre la mer et une gigantesque langue salée.

Le Cormoran, petite auberge aux cases ventilées pour faire une pause.Le Cormoran, petite auberge aux cases ventilées pour faire une pause.Le Cormoran, petite auberge aux cases ventilées pour faire une pause.

Le Cormoran, petite auberge aux cases ventilées pour faire une pause.

Le « Ndout », « nid » en sérère, désigne l période d’apprentissage qui marque, pour les adolescents, le passage à l’âge adulte et le lieu même de l’initiation. Cette formation à la fois physique (circoncision), pratique, morale et mystique se déroule sous le contrôle du « koumax » le détenteur du savoir traditionnel, et des « saltigués » les anciens initiés. A l’issue du « Ndout » le garçon rejoint la communauté des hommes. Il est désormais en droit de se marier, d’assister aux réunions des notables et de participer aux fêtes d’enterrement. Organisé auparavant dans chaque village tous les dix ans, le rituel pouvait durer 4 ou 5 mois. Mais depuis il est passé à 3 jours.

Les « pangol », ces forces telluriques sont de grands ancêtres qui ont exercé, de leur vivant, une influence marquante sur la communauté –fondateurs de villages, rois, reines…- et qui ainsi ont pris une dimension mystique. Chargés de veiller sur une famille ou un village, ils habitent des lieux définis, le plus souvent un baobab, et ont des pouvoirs. Un « pangol » peut avoir des aptitudes divinatoires ou thérapeutiques, ou être associé à une activité particulière comme la pêche ou l’agriculture. Le culte, conduit par le « yal pangol », un homme du même lignage que le génie, combine prières et offrandes (farine de mil délayée dans de l’eau, du lait et du vin). Chaque village a encore ses « pangol », cachés dans les puits, les arbres…

Baobab sacré de Fadiouth

Baobab sacré de Fadiouth

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