Le Ndout : bois sacré des sérères

Publié le par Estelle

Comme l’initiation chez les Diolas, la circoncision est l’un des temps forts de la vie des Sérères. Elle appartient aux quatre moments fondamentaux qui jalonnent la vie : la naissance (avec le baptême), la circoncision, le mariage, la mort (avec les funérailles).

Traditionnellement, le bétail est égorgé en grandes quantités à cette occasion, pour que la dimension des festivités garantisse la conscience d’une appartenance à une communauté d’être. Les circoncis pouvaient être d’un nombre très élevé pour donner à l’évènement une portée encore plus grande, tout en limitant individuellement les frais qu’il occasionne. C’est au sortir de l’adolescence que le jeune sérère est circoncis, il accède à l’enseignement initiatique durant la retraite hors du village dans l’enclos de circoncis (ndut). L’opération est pratiquée par un homme d’âge mûr appelé naamaan généralement choisi compte tenu de ses connaissances et aptitudes. Les circoncis sont sous la responsabilité du kumax et encadrés par des moniteurs appelés selbe. L’enseignement est délivré surtout par les encadreurs, mais aussi par toute personne déjà initiée qui le désire. Il s’effectue au moyen de signes et symboles et par le chant ésotérique. Au cours de la dernière nuit qu’ils doivent passer dans l’enclos (ndut) les circoncis sont censés recevoir la visite du personnage mythique de Maam, habitant à Sangamar, et qui doit les déglutir et les vomir afin de parachever symboliquement leur renaissance. Le rôle des femmes au cours d’un rituel aussi important est capital. Gardiennes des traditions ancestrales, elles participent d’abord de façon discrète à l’ensemble des préparatifs de l’évènement, notamment aux offrandes et aux prières propitiatoires sur les autels familiaux. Elles animent les danses préliminaires (ngomaar) par des chants d’exhortation au courage, des chants de louange, de souhait et par des dons d’argent, et préludent ainsi l’évènement avec emphase. Par ailleurs ce sont les femmes qui confectionnent les habits d’entrée et de sortie des circoncis, souvent avec des bandes de cotonnade, teints ou non à l’indigo, en y incrustant des perles, des cauris et des miroirs de faibles dimensions. A l’occasion de cette sortie, elles aspergent les circoncis de mil en disant de longues prières et en prodiguant de nombreux souhaits de bonheur, de longue vie et de prospérité.

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