Sur les traces des Sérères...

Publié le par Estelle

Sur les traces des Sérères...

D’après Cheikh Anta Diop, « Sérère » désigne, en Egyptien, celui qui trace le temple
Mais par où sont passés ces sérères pour partir de l'Egypte et arriver jusqu'aux bastions qu'ils occupent actuellement ?

Les spécialistes ne sont pas tout à fait d'accord sur certains points. Pour Cheikh Anta Diop, la migration s'est faite d'est en ouest, prouvée par les sites mégalithiques encore présents (Séne gayène dans le Saloum, proche de Kaolack). Ces vestiges auraient une origine Sérère de part le symbolisme des figurations inscrites et de la disposition des pierres. 

Aussi, une présence Sérère dans Tagant et dans le Hod, au Sahara est montrée. L'empire du Ghana, du 5ème au 11ème siècle, s'étendait dans tout le désert jusqu'aux confins de la vallée du fleuve Sénégal. Mais, les populations ont migré vers le sud en raison de grandes sécheresses, mais aussi avec les attaques des Almoravides.

Trois directions ont été prises :

  • la vallée du Ferlo qui coîncidait avec la vallée du Siné
  • le long du fleuve Sénégal jusqu'à son embouchure vers Rao (proche de Saint-Louis), puis le long de la côte Atlantique jusqu'au lac Retba (lac rose)
  • l'axe Poldor-Saldé, traversant le Fouta, puis le Djolof jusqu'au pays Safène.

​Mais, les migrations seraient aussi venues du Sud ; plus particulièrement du Gabou, ancienne province de l'Empire du Mali (il occupait les territoires actuels de Gambie, Casamance et Guinée Bissau) C'est certainement de là que viendrait "l'origine commune" naissant des deux soeurs Diambogne et Aguène, séparées par la fracture de leur ambarcation sur le fleuve Gambie, l'une - Diambogne, sérère- ayant accosté sur la rive Nord avec une moitié de pirogue, l'autre - Aguène, Diola - sur la rive Sud avec l'autre moitié de pirogue... Mythe ou réalité, peut importe, entre ces deux ethnies restent un cousinage à plaisenterie très fort !

Mais, le point de discorde des historiens, reste : "ceux qui sont partis du Gabou étaient-ils séréères ou non ?". Ils sont présentés comme étant des Soos, qui auraient intégrés le Siné avant les Sérères venus de la vallée. Selon Gravrand, ces Soos auraient eux-mêmes migré du Gabou vers le 10e siècle. Les migrants venus du Nord les auraient repoussés vers le Sud, et auraient assimilés ceux qui sont restés sur place. Ils seraient mandingues mais la question n'est pas encore tranchée ; pourquoi se laisser faire par des migrants, abandonnant leurs terres ?D'autres thèses ont mis en avant le fait que Soos désigne un matrilignage Sérère. Une confusion se serait opérée entre Soos (lignée maternelle) et Soose (ethnie mandingue). D'ailleurs ces derniers ont développé la parenté par la filiation patrilinéaire à l'opposé des Sérères matriliaires. 

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