Bassari, de l'ocre à la lumière

Publié le par Estelle

Bassari, de l'ocre à la lumière

BASSARI, de l'ocre à la lumière... ceci fonde à la fois l'origine, le présent et l'avenir du monde Bassari. C'est par les échanges permanents entre les essences et les apparences, entre le perceptible et et le non-perceptible que se construit la réalité de l'identité bassari. La communion entre vivants ainsi que les liens entre les générations présentes, passées et futures s'inscrivent dans un canevas de société que chaque acteur social perpétue et qui se reproduit en boucle, à l'identique, liant à tout jamais les vivants et les morts!

Le peuple Bassari serait les premiers habitants des monts du Fouta Djallon. Un jour, des Peuls venant du Macina (Mali), les repoussèrent dans les gorges du N'Dama et du Badiar sur la frontière sénégalo-guinéenne. Leurs villages sont le plus souvent situés sur des hauteurs, les pasteurs Peuls occupant les vallées intermédiaires. Les bassaris viendraient de l'expansion Bantou selon Cheikh Anta Diop ; des ressemblances morphologiques, des similitudes de traditions, laisseraient penser que ce peuple Bassari aurait pour ancêtre les khoïsan d'Afrique du sud (chasseurs-cueilleurs). L'installation des bassaris dans l'empire mandingue n'était qu'une étape du mouvement de ce peuple qui se déplaçait souvent pour fuir l'ennemi. Ils sont estimés à 5000 au sénégal.

Le Bassari est un bon cultivateur. C'est l'Aloumbagnan société de culture. La cueillette de fruits et de feuilles sauvages fournit un bon appoint à l'alimentation de la famille, surtout vers la fin de l'hivernage. 

Les cases bassari sont grandes et faite d'un mur en bloc de latérite et d'un toit de chaume. Chaque femme dispose d'une case qu'elle partage avec son mari et ses enfants où elle fait la cuisine et conserve les provisions. Au centre de chaque village, se trouve une grande case (ambofor) : là vivent les jeunes gens célibataires, filles et garçons réunis. Là sont convervés nombre d'objets rituels, masques, instruments de musique,...

La parenté chez les Bassaris est matrilinéaire et le nom est transmis par les femmes ; Chacun porte le nom de sa mère et se considère comm apparenté à tous ceux qui portent le même nom que lui. Les garçons sont circonsis vers l'âge de 10ans sans que ce rite donne lieu à des cérémonies publiques. Le mariage se fait librement à partir de 15ans pour les filles et 20ans pour les garçons.

Le Bassari aime le jeu et la danse. La danse non seulement pour s'amuser mais pour s'exprimer et communier ensemble. Toute danse a son propre rythme, une signification des chants donnés. Des rites de passage, qui donnent lieu à des cérémonies spectaculaires, marquent la fin de chaque période de la vie et le début de la période suivante, pour l'homme comme pour la femme. La plupart des fêtes  et des cérémonies se rapportent à l'initiation, aux sociétés secrètes, à la confrérie des chasseurs et aux rites funéraires. C'est grâce à cette classification que le peuple bassari a réussi à garder ses traditions. Du jour de sa naissance jusqu'à la fin de sa vie, le Bassari appartient à des classes dont les "passages" ont lieu à des périodes bien déterminées. Les classes successives ont le pas l'une sur l'autre et doivent toutes obéissance absolue aux anciens. Il y a sept grandes classes avec chacune ses jeux et ses danses :

Classe Age Danses
Loumoutack 7 - 18 suiveurs et aides
Odougog 18 - 25 Opimbi, Oloug, Ambessa
Opalgog 25 - 30 Egnouck, Okérégué
Odiarog 30 - 35 Oyar
Okoutock 35 - 40 Okhout
Opideur 40 - 50 conseil des notables
Othing Plus de 50 conseil des notables

De toutes ces cérémonies, le nith est sans contexte une des plus importantes. C'est la cérémonie d'initiation des jeunes à la vie d'homme. Les garçons Loumoutack sont initiés à partir de 15 ans à 18 ans pour devenir Odougog classe préparatoire de "Ceux qui savent". Cérémonie a lieu en avril-mai. Un cortège d'anciens conduit les jeunes garçons vers un lieu en brousse où un sacrifice aura lieu. Il est communément dit que les jeunes gens seront mis à mort après quoi ils renaîtront avec un esprit nouveau. Diverses révélations leur sont faites concernant la société secrète, la vie de l'homme face aux forces obscures, la médication, les procédés de la chasse, les pas de danse, les chants et le comportement de l'homme. Les épreuves sont longues et dures. Le nouvel homme, aux premiers jours de son retour au village, ne doit reconnaitre ni mère, ni frère, il ne parlera pas le language courant, il utilisera un dialecte inconnu des femmes et de "ceux qui ne savent pas". Cela continuera pendant des semaines jusqu'à sa libération par les maîtres du Dialang. Mais, le jeune initié, avant sa libération, doit aussi prouver sa force physique dans une bataille rangée avec les mauvais esprits descendus de la montagne. De rudes combats s'engagent, parfois sanglants. Ruse, force et intelligence sont mises à contribution. Ce spectacle qui évoque la lutte des gladiateurs est la partie publique des cérémonies du nith. D'autres fêtes saisonnières, le onouis et le mangare ou fête des caméléons, sont aussi spectaculaires. 

A sa naissance, l'enfant bassari n'est pas baptisé, il porte le nom de famille de sa mère et le prénom suivant son rang de naissance parmi les enfants d'une même mère.

  Garçons Filles
L'ainé Thiara Thira
Second Tama Ingana
Troisième Kaly Péna
Quatrième Indéga Taky
Cinquième Yéra Niari
Sixième Pata Méti
Septième Mami Matia

Il y a par ailleurs sept noms de famille, commançant tous par la lettre B : Bindian, Boubane, Banghar, Bonang, Biès, Bidiar, Bianquinth. Les noms ont valeur de symbole et ceux qui les portent, ont un rôle spécifique à jouer dans la société bassari. Bianquinch, on dit d'eux qu'il sont maîtres de cérémonie pendant les initiations. Bonang sont les grands féticheurs.

Ce pays est un bien culturel du patrimoine mondial UNESCO inscrit en 2012. 

 

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