Kébémer, carrefour religieux !

Publié le par Stelle Djisébénia

Kébémer, carrefour religieux !

De par sa position géographique qui la place presque à égale à distance de Touba la capitale du Mouridisme (90 Km), de Tivaoune la capitale de la Tidjane (62 km) et de Ndiassane la capitale de la Khadriya (67 km), Kébémer est une commune où toutes les confréries sont fortement représentées par des hommes qui ont réussi à faire la promotion d’un islam uni et fraternel. Les écoles coraniques occupent une place de choix dans la ville de Kébémer et constituent un maillon important de la formation des plus jeunes.
Kébémer est établie sur un terroir riche d’histoire. L’ancienne province du Gueth à laquelle elle appartient, est un poumon important de l’ancien royaume du Cayor dont elle occupe la partie Est, à sa frontière avec l’ancien royaume du Djolof. Le Gueth fut une ancienne province prospère du Grand Djolof sous la direction des princes qui portaient le titre de Bargueth. On ne parle presque jamais de cette ville, pourtant Kébémer peut se vanter d’avoir vu naître des personnalités de ce pays, entre autres, l’ancien Président Abdoulaye Wade. Carrefour commercial et économique grâce à son marché et à sa gare, Kébémer a cependant pâti de l’essor croissant du trafic routier. Les artisans jouent un rôle significatif dans l’économie locale, en particulier les menuisiers, les cordonniers, les bijoutiers, les tailleurs et les sculpteurs.

Les différentes confréries:

La qadiriyya ou confrérie qadir : c'est la plus ancienne, fondée à Bagdad au XIIe siècle, elle arrive tôt au Sénégal, surtout grâce aux marabouts maures et toucouleurs. Considérée comme l'élite des villes et des cours royales, elle connait un net recul depuis la décolonisation et rassemble moins de 10% des musulmans sénégalais. Cheikh Bou Kounta originaire du Cayor, est l'une des grandes figures. Il a fondé un centre à Ndiassane. 

La tijaniyya ou confrérie tidjane : Née au Maroc au XVIIIe siècle, elle est arrivée avec El-Hadj Omar Tall (au Fouta-Toro) et El-Hadj Malick Sy (au Cayor). Deux tendances se dessine, l'une omarienne, attirant les toucouleurs, l'autre "rénovée", scindée en deux courants. Le premier, majoritaire au Sénégal, s'organise autour de la famille d'El-Hadj Malick Sy et de la ville de Tivaouane. Le second, dirigé par les descendants d'El-Hadj Niass, à Kaolack.

La muridiyya ou confrérie mouride : Fondé par Cheikh Ahmadou Bemba, un fils du pays, le mouridisme est le plus important au Sénégal. Au début, il attira les paysans du Baol et d'anciens esclaves et guerriers de la couronne, mais, dans les années 70-80, il se diffuse dans les zones urbaineset prend une dimension internationale. Son centre religieux est à Touba.

La confrérie Layenne : Fondée par Limamou Laye, à la fin du XIXè siècle, la majeure partie de ses fidèles sont lébous. Le siège de la confrérie est à Yoff.

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