Louga, ville des "modou-modou"

Publié le par Stelle Djisébénia

Louga, ville des "modou-modou"
Grande avenue à Louga

Grande avenue à Louga

Le déclin du commerce de l'arachide a fait de ce centre agricole l'un des principaux foyers d'émigration du pays, ville des "modou-modou", ces vendeurs ambulants qui cherchent fortune en Occident. Ville natale du président Abdou Diouf, cette ville propose un festival de folklore et de percussions de Louga; le FesFop.

Balade musicale : les instruments de musique traditionnelle tels que le Riti, les Tabala de Téssékéré, les tambours et le fameux « Tamay Mbamba » qui date de plus de 150 ans. C’est un instrument mythique battu lors de grandes batailles non seulement pour galvaniser les troupes, mais aussi pour faire peur aux adversaires avec des rythmes assez mystérieux. Il est conservé dans le village de Mbamba Nguirane à Kébémer, d’où le nom de « Tamay Mbamba » et c’est la famille Ndao qui a en charge la sauvegarde et l’entretien.

Lieu de mémoire : le mausolée de Kocc Barma, avec ses quatre touffes de cheveux dans une case en paille. Ce grand penseur et philosophe sénégalais est connu pour ses maximes et proverbes métaphoriques dont les plus célèbres renferment le secret de ses quatre touffes : « Un roi n'est pas un parent ni un protecteur », « Un enfant du premier lit n'est pas un fils mais une guerre intestine », « Il faut aimer sa femme, mais ne pas lui donner toute la confiance » et « Un vieillard est nécessaire dans un pays ».

Balade artistique : la danse traditionnelle, « Le Ngapp, le Raas, le Goumbé » sont autant d’expressions corporelles propres à la localité. Elles s’effectuent avec beaucoup d’élégance et de grâce, ne laissant apparaître aucune partie intime. Nul ne peut parler de la culture à Louga sans s’arrêter sur le Cercle de la jeunesse, fondé par Mademba Diop qui a créée en 1966 lors du premier Festival Mondial des Arts Nègres, un hymne qui a fait le tour du monde à l’époque. Le cercle de la jeunesse de Louga a également eu plusieurs distinctions à travers le monde pour la qualité de ses prestations de danses et chants. La troupe existe encore mais elle a perdu beaucoup de son lustre.

Balade religieuse : le « Daara de Koki ». C’est l’une des toutes premières universités islamiques de l’Afrique de l’Ouest. Vieux foyer d’apprentissage du Coran, le Daara a pris un nouvel élan en 1932 avec la gestion de Serigne Cheikh Modou Kabir Lô. Au-delà de l’enseignement coranique, c’est une école qui forme des citoyens aguerris et reste le précurseur des Daaras modernes avec son internat qui regroupe près de 2500 apprenants de diverses nationalités.

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