Le Cayor fût content et le Djolof très triste !

Publié le par Estelle

Le Cayor fût content et le Djolof très triste !

"C'est le Cayor qui vient d'arriver car celà fait tant d'années que nous n'avons rien apporté, nous voulons voir le roi et discuter avec lui."

C'est ainsi que Amary Ngoné Sobel Fall, fils du Damel du Cayor, est venu affronter le bourba Lélé Fouli Fack du royaume du Djolof dans sa demeure "tata", sorte de bunker entourée de gardes surveillant chaques entrées.  Amary qui avait réuni toute une horde de soldats, qui attendaient au lieu dit précis de Danki, assena le bourba d'un coup de corne... le coup fût fatal pour le roi !

 

Le courageux et vaillant Amary Ngoné Sobel Fall est né à Palène-Dède au début du 16e, fils du grand lamane Déthié Fu Ndiogou Fall et de la princesse Ngoné Sobel, soeur du roi du Baol, le Teigne Niokhor Ndiaye Kouli Ndjigan. 

Un marabout toucouleur du nom de Amadi Dia, du Fouta-Toro, avait prédit à la princesse qu'elle aurait un garçon qui aurait l'âme d'un chef. A sa naissance, il lui fût donné le nom du marabout Amadi.

Un garçon courageux, intelligent, et se montrant très généreux, voici les qualités du jeune Amari, ce qui ne tarda pas à lui donner une popularité certaine... et pouvant rêver ainsi de conquête sur la toute puissance du royaume Djolof et pourquoi pas d'indépendance du royaume de cayor.

 

Il finit par réaliser son rêve et de se mettre en action pour renverser le bourba du royaume du Djolof. Il rassembla à travers le Cayor et le Baol, des jeunes gens vigoureux et braves,  de beaux gaillards  armés de cornes et de poignards pour l'accompagner dans sa quête. 

La troupe arriva à la mare légendaire de Danki, une petite partie de la troupe seulement partit avec le vaillant Amari, laissant les autres à l'affût des Wolofs. Jusqu'à la demeure du roi, ils cachèrent des cornes au nombre des soldats. Arrivé à la demeure, Amari dit au roi : "le Cayor vous salue" le roi entra dans une colère : "Celà fait combien d'années que vous défiez mon autorité?" et les dignitaires de répondre : "c'est le Cayor qui nous envoie, voici le fils de Lamane Dethié Fu Ndiogou, lui même souffrant, a mandaté son fils." Et c'est ainsi qu'Amari se retrouva seul avec le bourba et lui planta un coup de corne, qui se termina par la mort du roi. A la tête de latroupe Amari, fit preuve de sang froid, et de ruse attirant petit à petit les ennemis vers les réserves de cornes et surtout en direction de Danki. En s'approchant de chaque réserve de cornes, les soldats couraient prendre de nouvelles munitions, criant "nger jox jak" ("nger, donne loi une corne"). Les djolofs-djolofs découragés, croyaient à de la magie ; ils furent massacrés par le restant de la troupe.

Ce fût, en 1549,  la fin de l'empire du Djolof et l'indépendance des royaumes : le Cayor, le Baol, le Siné et le Saloum.

Le Cayor fût content et le Djolof très triste !

Retour triomphant pour Amari dans le Cayor libre et indépendant ! Lamane Dethi Fu Ndiogou reçu le titre de Damel, on célèbra la victoire dans son village. Mais, le vieux visitant un de ses troupeaux, fût blessé par un bâton et mourut quelques heures après. Ainsi, son règne ne dura que six jours seulement ! Le courageux Amari fût nommé Damel, en remplaçement de son père. 

Son oncle, le teigne de Baol, vouant admiration pour son neveu Amari a tout fait pour qu'il lui succède au trône.. même au détriment de ses propres fils ! Le neveu Amari en fit de même en mariant son fils à sa soeur maternelle, dans le but d'avoir un neveu pour sa succession. Naquit le prince Mamalik Tioro Ndjingen, futur roi du Baol... mais qui tua son propre père pour réunir les deux provinces !

Amari se retrouva donc à la tête des deux pays : le Cayor et le Baol où il organisa une constitution dont le premier article était le suivant :

1. Le roi est le grand maître qui commande aux destinées du pays. Il est le seul propriétaire des terres, des mers, des rivières, des fleuves, en général de toutes eaux et de toute végétation. Lui seul a le droit d'expulser un malfaiteur du pays. Il nomme ou révoque les chefs de régions ou Kangam.

Son guide spirituel depuis toujours, le marabout Amadi Dia, demanda qu'on apportât un pigeon de Marem, un tout petit oiseau ayant un trait noir sur le cou, afin de décider de l'endroit de la nouvelle capitale du royaume. Le marabout lui attacha un gris-gris au cou et lui laissa libre d'aller se poser sur le premier arbre qui serait l'arbre de la grande place de la nouvelle capitale. Le pigeon trouva à se percher sur un arbre dans un champ de coton, appelé mbul. C'est ainsi qu'on fonda le village Mboul, non loin de Thiès. 

Il s'installa dans sa nouvelle capitale, mais trois mois après, attaque des Djolof... mais repoussée par Amari. Les Djolof lassés, laissèrent tranquille Amari (trop fort pour eux) jusqu'à sa mort... 44 ans de règne. Il fût remplacé par son fils dans le Cayor et son neveu, dans le Baol.

Sa maman la Linguere Ngoné Sobel, reine du Cayor et du Baol, se montrait très généreuse lors de ses tournées avec provisions multiples (viande, couscous, beurre, miel, alcool, tabac,...) Lors de ces déplacements, elle était toujours accompagnée de soldats à cheval. Un jour, elle rencontra un éléphant qui fut tué au village de Nguick, dans le Baol. Le village fut baptisé de ce nom de nguick, signifiant en Sereer "éléphant". Le surnom de Warfanguick fut donné à la reine, la "tueuse d'éléphant"...

Publié dans histoire, Sérère, Wolof

Commenter cet article