Gorée, terre de mémoire

Publié le par Estelle

Arrivée sur l'île de Gorée...

Arrivée sur l'île de Gorée...

Gorée, la mémoire de la traite négrière... le décor est planté, on pourrait penser y trouver une ambiance pesante. Et bien, c'est tout le paradoxe de cette île, à la fois chargée d'une histoire sombre et sinistre, elle apparait pourtant comme douce, calme et même un peu bohème...

Pour cette ultime étape, nous étions heureuses de quitter Dakar et sa frénésie pour le rythme plus apaisant de l'île. Une traversée en chaloupe plus tard, nous débarquons et empruntons la rue Saint-Germain, bordée de villas colorées, de jardins suspendus... Un petit coin de paradis, pas de voitures, pas de taxis, pas de motos, aucun bruit de moteur... un peu d'air pur !

Mais derrière cette façade, se cache la sinistre histoire...  

Rues colorées Rues colorées Rues colorées
Rues colorées Rues colorées

Rues colorées

Nous avons donc pénétré à l'intérieur de cette maison rose, datant de 1776, construite par les hollandais. C'est la dernière esclaverie en date à Gorée. Trois siècles de tortures, n'inhumanités ! Quelle barbarie, pourtant, on dit souvent que l'homme est bon par nature mais j'ai des doutes !

Notre entrain s'est peu à peu estompé pour laisser place au silence. Seules, chacunes avec nos émotions, nos ressentis, nous n'avons rien à commenter ! Face aux chocs des mots que nous entendons, mieux vaut se taire... Ce n'est pas la première fois que je venais dans ce lieu, mais je suis restée bouleversée devant la cellule des enfants... déshumanisés, pire que de l'élevage en batterie et pourtant innocents!

Et puis, le couloir vers la porte ouverte sur l'océan, tout un symbole pour dire Adieu à l'Afrique. De cette porte pour un voyage sans retour ils allaient, les yeux fixés sur l'infini de la souffrance...

Devant ces murs qui crient des larmes et du sang, chacun doit se rappeler que le chemin de la civilisation, et des droits humains, a été long, et ce n'est pas fini...

 

La maison des esclaves avec la porte sans retourLa maison des esclaves avec la porte sans retour
La maison des esclaves avec la porte sans retour

La maison des esclaves avec la porte sans retour

Vers le CastelVers le Castel
Vers le Castel
Vers le CastelVers le Castel

Vers le Castel

Gorée, c'est aussi un passé militaire, offrant un point stratégique, pour preuve dans le quartier du Castel. Les Français y avaient construit un bunker pour protéger la capitale, maintenant servant de résidence à quelques artistes. Aussi, un gros canon pointe sa gueule avec ses 14 km de portée, il n'a servi qu'une seule et unique fois en 1940. Par la suite, les français l'ont saboté avant de rendre le pays aux Sénégalais. Mais ces vestiges d'un passé colonial et militaire, sont les terrains d'expositions de nombreux artistes peintres, sculpteurs...

Nous terminons en rendant hommage à toutes les victimes de la traite négrière avec le mémorial, l'oeuvre d'un italien Di Blasi. Sur l'île, seulement est installé le modèle réduit pour des raisons écologique, celui en grandeur nature est à Dakar. 

Plus de douze millions d'africains ont été enlevés, déportés et asservis pour favoriser le développement économique des colonies américaines possédées par les grands puissants européens... Ne l'oublions pas !

La pauvreté n'est pas un accident. Comme l'esclavage et l'apartheid, elle a été faite par l'homme et peut être supprimé par des actions communes de l'humanité.

Nelson Mendela

Publié dans Dakar, histoire, Patrimoine

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