Visite au musée de la culture traditionnelle Diola

Publié le par Estelle

Léon, gardien et guide du musée
Léon, gardien et guide du muséeLéon, gardien et guide du musée

Léon, gardien et guide du musée

Après nombreux voyages en Casamance, dans le bastion des animistes du Kassa, j'ai voulu faire découvrir à mes amies venues de France, la culture traditionnelle Diola. Et quoi de mieux que de commencer par Mlomp et son musée traditionnel. Ce fût des retrouvailles avec Léon, le gardien et le guide du musée et du village. Alors je vous laisse plonger au coeur de la culture anémiste diola...

Tous les objets sont regroupés dans la petite case à impluvium, sur la place publique où trônent les fromagers, à Djikamole à Mlomp. En pénétrant dans le petit musée par une porte faite avec le bois du fromager, vous apercevez immédiatement le flot de lumière venant du centre. Le toit est ouvert afin de recueillir l'eau de pluie et d'apporter la luminosité nécessaire. L'intérêt de ce type d'habitation était bien entendu, de se protéger contre les agresseurs. 

Nombreux objets présentés, ont été ou sont encore des objets du quotidien mais aussi, des  objets pour se protéger et se défendre : des lances, maintenant utilisées dans les danses funéraires, un casse tête qui servait à achever les victimes, des boucliers (une carapace de tortue et un peau d'hippopotamme).

 

Visite au musée de la culture traditionnelle Diola

Une autre partie d'objets fait référence au quotidien, encore actuellement, des diolas. Sont présentés des canaris pour l'eau, des pots pour boire le vin de palme avec la cueillère. Les objets pour cultiver sont représentés avec notamment le kadiando, la houe diola. La flûte, en quelque sorte le téléphone diola permet d'alerter les populations. Les ustensiles pour la pêche avec des nasses permettent de piéger le poisson, des pagaies. Aussi tous les objets utilisés par le "pharmacien diola" : le récolteur de vin de palme ! 

Les objets du quotidien Les objets du quotidien
Les objets du quotidien
Les objets du quotidien Les objets du quotidien

Les objets du quotidien

Mais, découvrir la culture traditionnelle Diola, c'est surtout parler de la religion. Chez les anémistes, tous les éléments de la nature (humain, animal, végétal, minéral...) disposent d'une force vitale composant un tout. Ils croient à un seul dieu créateur de l'univers, de l'homme et de la nature : Atémit. Les anémistes implorent rarement le dieu créateur, mais ils vénèrent des génies protecteurs (de la terre, du village, de la lignée ancestrales,...) un trait d'union entre Dieu et eux. Les Diolas croient en la réincarnation, après la mort, les esprits des ancêtres subsistent. Les fétiches, les boekin, représentent des objets qui peuvent incarner un esprit. Ils permettent de constituer un rempart spirituel contre toutes sortes de menaces, accident, maladie, mort, sécheresse,..

Le musée vous fait découvrir quatre pièces majeures dans l'organisation sociale diola. 

  1. ​le premier est un fétiche protecteur (Kou Kouloume); lorsqu'une personne décède, tous les biens de ce dernier sont gardés à côté du fétiche. Le 6ème jour, l'esprit du mort vient reprendre son bien. Le mort n'est jamais mort, la réincarnation s'explique avec les nouvelles naissances dans les familles. 
  2. le second est destiné à se confesser comme le font les catholiques au cas où une faute est commise. Lors de la confession, il faut porter du riz et un objet de valeur pour se confesser ; c'est le rite du "Kakusso".
  3. le troisième est un crâne de porc, sacrifié au fétiche pour le mariage traditionnel. Un homme n'a pas le droit de prendre une femme sans donner un porc à la belle famille. Le porc qui constitue la dot est sacrifié pour avertir le fétiche que la fille quitte la famille pour celle de son futur époux. C'est une sorte de cérémonie d'adieu !
  4. Le dernier a pour rôle de veiller sur le respect de certaines valeurs de la société. Le vol est interdit en pays diola. c'est pourquoi, quand on ramasse un objet, on vient le déposer au niveau du fétiche. Les gens qui ne respectent, portent avec eux le malheur perpétuel qui peut se manifester par un incendie, la mort de ses proches, la perte de ses biens. Pour réparer la faute, il faut venir se confesser au féticheur et faire des offrandes, une chèvre et bien sur du vin de palme. Mais, un vrai diola ne vole pas !
les fétiches présentés au muséeles fétiches présentés au musée
les fétiches présentés au muséeles fétiches présentés au musée

les fétiches présentés au musée

Et terminons la visite avec la calebasse, symbolisant les femmes "añaleen" ; ces femmes courage, qui ne pouvant pas avoir d'enfants, partent de leur village, pour subir le processus "kañaleen". Elles sont prises en charge par les femmes, changent de nom, et portent une calebasse sur la tête comme signe d'appartenance au "kañaleen". Cette calebasse lui sert à boire et à manger. 

Et bien voilà, la visite au coeur de la culture diola s'est terminée pour nous, quoique pas vraiment, puisque nous avons continué en allant visiter le roi et son célèbre manteau rouge! Et nous avons terminé cette après-midi au son de l'ekonting, instrument typique diola ! Nous avons passé une vraie journée diola !!!

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