Dansons pour un dernier hommage...

Publié le par Estelle

Danse des femmes lors de funérailles

Danse des femmes lors de funérailles

Un proverbe africain dit que "la vie est un ballet ; on ne le danse qu'une fois" 

Les Diolas dansent pour rendre hommage aux morts mais aussi leur témoignant toute leur gratitude des moments passés ensemble.

Dans le village de Séléki, village du royaume de Bandial, j'ai assisté à une cérémonie de funérailles d'une dame âgée. Je me suis rendue compte l'importance des chants et des danses durant la cérémonie et je peux dire RIEN A VOIR avec ce que je connaissais en France ! Les gens ne sont pas tristes mais remercient, honorent la défunte. Le tout dans un décor coloré : les femmes en tee-shirt blancs et pagnes noirs traditionnels ornées de perles qu'elles portent en bandoulière. Les femmes se regroupent par génération et esquissent des pas de danse traditionnels, rythmés par des instruments fabriqués à base de feuille de rônier. Dans un grand panier sont rassemblés riz et un mortier pour rappeller que la personne décédée cultivait. Lors de cette cérémonie on échange des pagnes traditionnels : la défunte doit avoir des pagnes en réserve (6-7 pagnes). La journée est ponctuée de chants funéraires qui retracent la vie des personnes disparues dans le passé. Ces chants permettent de reconstituer l'histoire du village, ils relatent les évènements que la personne a vécut. On chante toutes les personnes décédées dans la famille. En fin de journée, un boeuf est sacrifié, puis les personnes transportent le corps sur un lit de rônier. C'est en suite une sorte de bilan mystique qui se produit : si la personne avait un esprit maléfique alors en invoquant des chansons le corps va se relever sinon si la personne avit un esprit sain elle reste couchée.

Dansons pour un dernier hommage...
Dansons pour un dernier hommage...

Le "Njicoul" est une danse pour rendre hommage aux morts; on pourrait dire la " danse du mort". Elle est considérée comme l'ultime occasion que les vivants ont pour voir le défunt et se souvenir de tout le temps passé ensemble. 

Quand un vieillard, "Eniakane" meurt, les hommes s'organisent pour effectuer la danse de la cérémonie funéraire. Ils dansent en compagnie des villageois voisins. Les hommes de la même classe d'âge sont plus actifs, car c'est eux qui connaissent mieux le défunt. Ils mettent en valeur son courage, sa bravoure.

Le jubilé des hommes qui ont marqué l'histoire du quartier ou du village, se voit par l'arrêt de la danse et des percussions. Ils entrainent un chant à l'unisson appelé "Huwol", l'hymne du quartier ou du village. 

La danse d'un homme âgé a des allures de festin tandis que le "Njicoul" d'un jeune est bien différent. Elle marque tristesse, désarroi et un grand silence dans le quartier. 

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