La chevauchée meurtrière des charettes

Publié le par Estelle

La chevauchée meurtrière des charettes

A Dakar, ce qui surprend le plus dans cette circulation impressionnante, c'est la rencontre des charettes transportant toute sorte de choses se disputant la chaussée parmi scooters, voitures, camions, taxis et bus....

A Touba «les charrettes font la pluie et le beau temps. Elles circulent comme elles veulent. Sans être inquiétées. Et c’est même les automobiles qui font attention à ces charrettes car une bonne partie de ces véhicules ne sont pas assurés». Ce qui n’est pas sans conséquences, puisque récemment,  à Touba, un mendiant a perdu la vie dans une collision entre un camion chargé de gravats et une charrette. 

A Dakar, parmi les causes des accidents impliquant les charretiers, il y a l’indiscipline. En effet, aujourd’hui, plusieurs zones de la ville  sont  interdites aux charrettes. «Donc sur les grandes avenues, les charrettes ne sont pas les bienvenues. Mais malgré les panneaux de signalisations interdisant leur circulation dans ces zones, les charretiers se déplacent sur ces axes, causant des embouteillages, s’ils ne créent pas des accidents. C’est comme si l’autorité ne semble pas comprendre ce qui se passe ou c’est comme si cette  catégorie d’usagers a été oubliée», déplore le directeur exécutif de la nouvelle prévention routière.

 

Les charretiers : «Quand nous empruntons les voie  interdites, nous faisons attention»

 

Quand on demande aux charretiers les raisons qui les poussent à braver les interdits et emprunter les axes qui ne leur sont pas ouverts, ils évoquent l’impératif de gagner leur vie.

Et à y voir plus clair, derrière ces charrettes et charretiers, il y a des acteurs qui contribuent à accentuer ce phénomène. Et ces acteurs, ce sont les commerçants. En effet, ce sont eux qui utilisent les services de ces charretiers pour le transport de leurs marchandises. Ce, pour économiser. Car, pour eux, utiliser le transport hippomobile pour leurs marchandises  reste moins onéreux. Le transport de déchets des ménages est le deuxième facteur qui accentue la mobilité de ces charrettes dans l’espace urbain.. 

Et aujourd’hui, puisqu’ils font toujours partie du décor, la nouvelle prévention routière veut les encadrer, les suivre. Ils veulent les assurer même si les assureurs «refusent de les assurer car causant beaucoup de dommages». La nouvelle prévention routière veut aussi leur trouver un permis cocher pour leur apprendre les règles de la circulation, les immatriculer, entre autres.

Publié dans transport, Dakar, quotidien

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