L'arrivée du nouveau-né chez les Lébous

Publié le par Estelle

Le Bëkëtë est un rite de sortie du nouveau né, pratiqué chez le groupe ethnique Lébou. Il est généralement organisé une semaine après l’accouchement. Au cours de ce rite qui rassemble la communauté des femmes du village, l’enfant est posé sur un van et recouvert de sept pagnes, différents de préférence. Le van est ensuite porté sur la tête par la tante paternelle qui doit guider un même temps les déplacements de la mère au milieu du cercle formé par l’assistance. La mère progresse en second plan derrière la tante, genoux et mains à terre, avec un fil de coton qui va de son pied gauche à son oreille droite, et de celle-ci au pied gauche. Elle doit faire ainsi sept fois le tour du cercle. Pendant que l’une et l’autre progressent ainsi, l’assistance taquine la tante et l’accuse de toutes sortes de méfaits. Celle-ci, en plus du fait qu’elle ne doit pas rire, jure par tous les dieux pour attester son innocence. Cependant, les accusations ne cesseront et elle ne sera prise au sérieux, que lorsqu’elle aura invoqué dans un juron la ceinture de son père : «  Sama geñok baay ». Ce faisant, elle confère à la cérémonie du bëkëtë un aspect essentiel de son importance car, désormais, l’enfant pour lequel ce rite est organisé pourra jurer plus tard en invoquant la ceinture de son père. Cette invocation n’interviendra toutefois, que dans des situations d’une extrême gravité, et enlèvera le moindre doute sur la véracité des faits avancés. En effet, on admet que lorsqu’un Lébou jure au nom de la ceinture paternelle, il ne peut que dire vrai ! La cérémonie du Bëkëtë permet aussi de faire assumer à la mère la reconnaissance et la responsabilité sociales de la maternité. A ce titre, une phase de la cérémonie consiste à tendre par trois fois le nouveau-né vers la mère, et lorsque celle-ci s’apprête à le recevoir, l’enfant est immédiatement mis hors de portée de ses mains pour lui être tendu de nouveau. D’autre part, on pile le mil qui sera consommé par l’assistance. Celle-ci chante des chants de souhaits par lesquels, elle demande que la bénédiction de la lignée paternelle descende sur le nouveau-né. 

L'arrivée du nouveau-né chez les Lébous

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