A l'entrée du bois sacré...

Publié le par Estelle

Moment privilégié de la vie socio-religieuse chez les Diolas, l’initiation est l’un des aspects fondamental de l’héritage culturel de ce peuple. Organisée tous les 15 ou 20 ans, elle rassemble la multitude pour la faire vibrer dans une tension commune, d’une importance capitale pour forger la conscience d’une communauté de sang, de culture et de destin. L’évènement est l’occasion de renforcer les rapports privilégiés des vivants avec le lumineux : les ancêtres reçoivent de nombreuses offrandes de leur part et intercèdent pour eux auprès d’Emitay le Dieu unique et tout puissant. Ferveur religieuse et effervescence sociale atteignent des dimensions considérables, parce que toutes les couches sociales, depuis les postulants à l’initiation jusqu’aux vieillards, participent à l’évènement. La foule trépidante effectue une longue procession au rythme des tambours à membrane, des trompes en corne, et des sonnailles de tout genre accrochées aux habits ou fixées aux chevilles et aux poignets. L’espace est rempli par le bruit des détonations de fusils et l’odeur de poudre. Ceux qui prétendent être doués d’un savoir et d’un pouvoir occultes, ou auxquels de telles qualités sont déjà reconnues font une démonstration publique de leur savoir-faire. Ils sortent leurs sabres et se passent le tranchant avec vigueur sur leur corps. Ce doit être sans une égratignure ! L’on s’étonnerait à juste titre de la résistance des danseurs, mais ce serait sans compter avec les vertus surexcitantes du bunkayab, boisson à base de mil et d’écorces d’arbres. Alors, surmontant toute clameur, les chœurs alternés s’élèvent par-dessus la foule, avec l’impression sans conteste d’une plénitude sonore. Temps forts de communion et de sociabilité à l’intérieur du groupe ! Les femmes chantent avec les hommes à l’adresse des postulants. Des chants célèbrent la joie ou la tristesse de ceux qui coupent les amarres d’avec un monde d’insouciance, pour nouer des rapports nouveaux avec celui où ils devront porter le poids de la responsabilité et de la conscience. Chants d’exhortation au courage aussi, car le courage moral va de pair avec le courage physique.

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