L'épreuve du Téli chez les Balantes

Publié le par Estelle

L'arbre qui donne le poison
L'arbre qui donne le poison

L'arbre qui donne le poison

L’épreuve du poison était une méthode d’ordalie utilisée chez les Balantes (ethnie de la Casamance). L’ordalie est une forme de procédure en justice, de nature religieuse, aussi appelé jugement de Dieu. Elle consiste à faire passer à l’accusé une épreuve décidant de son sort.

Le poison utilisé était celui provenant de l’arbre le Téli ou tali. Avant d’avoir été botaniquement identifié, il était connu de réputation par les Européens. Depuis le début du XIXe siècle, divers voyageurs de retour d’Afrique racontaient avoir assisté chez les tribus à d’étranges lieux de justice, la culpabilité des accusés étant prouvée ou non par des ordalies. Les empoisonnements consécutifs à ces ordalies étant réalisés par l’ingestion d’une eau rouge fournie par la macération ou la décoction de l’écorce d’un arbre appelé par les anglais ordeal tree.

Le Tali, poison d’épreuve de la Casamance… Le Téli est un grand arbre très répandu en Casamance et en pays sérère. Son écorce entre dans la préparation du poison d’épreuve des Balantes et renferme un poison violent du cœur. Pour fabriquer leur poison, les Balantes employaient l’écorce, la réduisaient en poudre très fine, y ajoutaient du verre pilé et de la chair humaine provenant des viscères desséchées de victimes du téli précédent. Avec un peu d’eau, le poison était donné sous forme de pâte, à la dose de deux cuillerées dans de petites calebasses remplies au moment du besoin.

Le téli se donnait individuellement quand un Balante était accusé de sortilèges, quand un moribond le sentait lui ravir son âme : dès que le soupçon s’élevait, les liens de famille ou d’amitié n’existait plus, personne n’hésitait à se faire accusateur ; Dès que le poison était absorbé, les parents dépouillaient de leurs vêtements, les conduisant auprès de la source et leur faisant boire beaucoup d’eau. Au contact de la chair humaine que renferme le poison, les bons étaient pris de nausées, vomissements. Ceux-là étaient sauvés, ils étaient ramenés, fêtés avec des chants et cris de joie. Pour les autres, les mangeurs d’âmes, habitués à la chair humaine, mouraient empoisonnés. Leurs cadavres trainés par les pieds et jetés dans la brousse, abandonnés aux hyènes. Ainsi, pour les Balantes, justice était faite. Il ne fallait pas non plus se soustraire à l’épreuve sinon la personne était aussitôt bannie par les siens, chassée de sa tribu sans espoir de retour et tous ses biens lui étaient confisqués.

 

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