Ebola, tueur né !

Publié le par Estelle

Ebola, tueur né !

Juste posée un pied sur le sol de la Terenga, le premier cas de cette fièvre meurtrière apparaît à Dakar, bien loin de la frontière Guinéenne. Mais, pas de panique, le cas a été traité et depuis rien, pas de nouveaux cas avérés. Preuve qu'un malade diagnostiqué n'entraine pas forcément une épidémie ! Mais ne crions pas victoire trop vite, même si mi-octobre, le Sénégal pourra déclarer la fin de l'épidémie dans le pays. 

Fermer les frontières pour éviter la propagation de la maladie ou les ouvrir pour permettre l'acheminement de matériel, personnel et soins à travers des corridors humanitaires ? À ce dilemme le gouvernement sénégalais a répondu en choisissant la 1ère option, à savoir la fermeture des frontières avec la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone, ce qui peut donner matière à discussion :

- la notion de frontière étanche est une aberration surtout ici en Afrique de l'Ouest. La fermeture ne doit qu'activer les réseaux de passeurs et le Sénégal risquerait paradoxalement d'accroître le nombre de malades et personnes à risque non détectés (ou qui viennent pour être pris en charge médicalement). D'autant plus qu'il serait illégal d'interdire l'entrée sur le territoire de citoyens sénégalais vivant par dizaines de milliers dans ces pays.
- La fermeture d'une frontière stigmatise un pays tout entier comme si l'ensemble de la population était pestiférée alors que pour l'instant on parle de zones spécifiques. A Dakar, les Guinéens n'ont pas la cote. 
La maladie pose un sérieux défi à la nécessaire solidarité régionale. La réponse doit être régionale et internationale.
Par ailleurs, le gouvernement sénégalais a tout à fait raison d'insister sur la prévention et les campagnes d'information et d'éducation doivent s'intensifier. La crise pourrait d'ailleurs être l'occasion de changer nos comportements en matière d'hygiène (Ebola ou pas).
Finalement, dépister les cas au plus tôt aujourd'hui exige un dialogue et une implication des organisations des communautés guinéennes, sierra léonaises et libériennes de Dakar. Ce sont elles qui sont le mieux à même de freiner les départs des zones infectées vers le Sénégal et accessoirement de signaler tout cas de personnes pouvant être affectées ou ayant eu des contacts avec des malades.

Publié dans santé, quotidien

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