Des morceaux, des bouts d'étoffes...

Publié le par Estelle

Des morceaux, des bouts d'étoffes...

La barbe dit le jour ce que dit le pagne la nuit

Proverbe Burkino Faso

Le tissu Batik s’est surtout développé en Indonésie, sur l’île de Java. Patrimoine mondial de l’Unesco, ce tissu original et coloré fait partie de l’identité culturelle de ce peuple depuis des siècles.

Même si la technique est utilisée dans de nombreux pays, c’est en Indonésie que l’on est témoin de ses multiples déclinaisons. Le tissu Batik est en coton, en soie, en rayon, c’est un tissu fleuri ou à motifs géométriques.

Des découvertes historiques ont montré que la technique du batik existait déjà en Egypte au 4ème ou 5ème siècle av J-C ! Des étoffes teintes avec de la cire étaient utilisées pour envelopper mes momies !

La technique du batik a ensuite été utilisée en Chine, Inde, Japon à partir du 7ème siècle. En Afrique, on retrouve cette technique utilisée au Nigéria et au Sénégal. Le batik s’étendra par la suite à différents pays d’Afrique de l’ouest. Mais, le vrai essor du batik intervient en Indonésie, sur l’île de Java où il devient un véritable art, au 12ème siècle.

En 2009, l’Unesco souhaite officialiser le fait que « souvent transmis de génération en génération au sein des familles, l’art du batik est intimement mêlé à l’identité culturelle du peuple indonésien et en exprime la créativité et la spiritualité, au travers des significations symboliques de ses couleurs et dessins » Le batik indonésien est alors inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

La technique du batik consiste à teindre le tissu, après avoir enduit de cire les parties à réserver. Le tissu va ainsi subir plusieurs bains de teinture, en fonction des motifs et du nombre de couleurs du tissu. Selon la taille, le nombre de couleurs à appliquer et les motifs, la fabrication d’un batik peut prendre d’une semaine à plusieurs mois.

Le WAX, petit frère du tissu Batik. Ce tissu n’est pas issu d’une tradition purement africaine, mais plutôt de l’adoption et de l’adaptation d’un textile, venu d’Indonésie : le Batik.

Les Origines : La fabrication du tissu wax-print provient du mélange de techniques d’origines indonésiennes, hollandaises et ouest-africaines. Retour en arrière à l’époque des colonisateurs ! Au XIXème siècle, des soldats du Ghana combattent en Indonésie pour le compte des Hollandais. Ils remportent chez eux des étoffes de batik. Le succès est immédiat et la Hollande, puis rapidement l’Angleterre, se lancent dans la production industrielle, à destination du marché africain, via le Ghana. Jusqu’en 1960, ils ont le monopole de la production et vente de tissu wax (« cire » en anglais) en Afrique de l’ouest. C’est seulement dans les années 60 que les africains commencent à créer leurs propres usines, grâce au président du Ghana de l’époque : Kwama N’Krumah. Ce dernier met en place au Ghana des droits de douane prohibitifs avec l’objectif d’inciter à la consommation locale. Mais la conséquence directe est que les néerlandais se tournent vers le Togo qui démarre à son tour l’import.

De nos jours, le tissu wax africain est en concurrence avec le tissu wax anglais et hollandais. Et entre temps, s’ajoute la concurrence du tissu wax chinois dont le prix défie toute concurrence mais dont la qualité semble laisser à désirer… La fragilité économique de ces pays africains ne leur permet pas d’avoir une stabilité de production comme en Europe. Ils n’ont pas fait le choix de protéger leurs industries locales en augmentant les taxes d’import, comme l’a fait l’Indonésie début 1900.

Porté du Sénégal à l’Afrique du Sud, en passant par la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Congo, le tissu wax est un symbole de l’Afrique. A son arrivée, les femmes africaines l’utilisèrent pour des pagnes. Puis, le wax a évolué pour s’intégrer à la mode africaine puis à la mode occidentale.

La fabrication du wax reprend la technique du batik traditionnel, mais de façon mécanique. Une réserve de cire est appliquée dans les interstices des deux rouleaux de cuivre sculptés selon les motifs à appliquer. L’étoffe, ainsi protégée par des motifs de cire trempée dans une teinture à l’indigo, puis exposée à l’air. Les couleurs secondaires sont ensuite appliquées à la main ou imprimées directement avec des planches. Cette technique d’impression permet à l’étoffe de baigner dans la teinture, le wax est aussi éclatant au recto qu’au verso, sans envers, ne déteint pas et ses couleurs ont une tenue exceptionnelle.

Le bazin, une très chère étoffe : Depuis environ deux décennies, le bazin est devenu un véritable phénomène de mode et social au Mali et en Afrique de l’Ouest. C’est au Mali que toute la sous-région vient rechercher la précieuse étoffe. Avec sa raideur majestueuse, ses couleurs explosives, ses broderies artistiques et son crissement si caractéristique, le bazin est le tissu des grandes occasions par excellence. Le « vrai » damas est devebu un produit de luxe, le damas chinois autorisant le port du boubou en bazin à tous ceux qui ne pouvaient pas se l’offrir jusque-là.

Le prix d’un mètre de bazin riche varie entre 5 000 et 5 500 FCFA (entre 7,5 et 8,5 €), contre 2 000 FCFA (environ 3€) pour un bazin léger. Une tenue en bazin revient entre 100 000 FCFA et 130 000 FCFA : le bazin a un prix !

Le bazin est un tissu damassé 100% coton fabriqué en Europe. Le damas est obtenu en tissant les motifs dans la trame à l’aide de fils fins de coton de qualité supérieure non blanchi. Le tissu est ensuite trempé dans un bain d’alcali pour le blanchir puis plongé dans un autre bain de soude caustique pour redonner aux fibres creuses du coton tout leur gonflant naturel. Il est ensuite lissé à haute température et haute pression dans des cylindres souvent enduits de cire, ce qui leur donnera son éclat de soie et le craquant très apprécié des élégantes africaines.

Le tissage européen du damas, au finissage compliqué, est appelé bazin riche. Les meilleures qualités de ce tissu sont toujours fabriquées en Europe et très appréciées en Afrique Occidentale, où elles sont aujourd’hui utilisées pour la confection des vêtements.

A partir des années 1980, l’Allemagne et les Pays-Bas, principaux fournisseurs du tissu vierge, se heurtent à la concurrence de la Chine qui propose un damas de qualité inférieure (coton et fibres synthétiques), le bazin léger. 

Le Bogolan « issu de la terre » en langue Bambara, est un tissu teint suivant une technique utilisée au Mali, au Burkina Faso et en Guinée.

C’est une toile plus ou moins épaisse en coton, filée et tissée sur place et d’une largeur de 5cm à 12cm vendue en rouleaux. Ces bandes sont cousues bord à bord, à la main, pour former des pièces de tissu de plus grandes dimensions.

Après une teinture de base obtenue par trempage dans une décoction de feuilles de bouleau d’Afrique (n’galama) et séchage à plat au soleil, l’artiste structure son dessin à la boue fermentée (bogo) avec l’aide d’un calame ou d’un pinceau. Pour les parties « rouges », une décoction d’écorce de mpécou s’impose. Puis, l’obtention des parties blanches ne se fait qu’en frottant ces parties au savon.

Le bogolan est signifiant par nature. Les dessins choisis sont en effet lisibles comme la marque d’identité d’une population, d’un village, mais aussi d’un artiste en particulier, si bien qu’une femme pourra à coup sûr reconnaitre ses propres productions. Outre son utilisation en tant que textile dans la fabrication des tuniques masculines et des pagnes noués des femmes, on lui attribuait des vertus thérapeutiques et l’on enveloppait ainsi les jeunes circoncis comme les fillettes excisées.

Publié dans artisanat, Beauté, Patrimoine

Commenter cet article

fran 31/05/2016 06:13

Fort intéressant .... Merci