Du royaume de Djolof, naît le Wolof

Publié le par Estelle

Du royaume de Djolof, naît le Wolof

Le Djolof (ou Jolof) était un empire situé dans l'actuel Sénégal qui d'après la tradition fut fondé par Ndiadiane Ndiaye, premier bourba (buur-ba = roi) djolof. 
Celui-ci avait été élu comme chef dans ce qui allait devenir le royaume du Waalo, au nord-ouest de l'actuel Sénégal, dans la région du fleuve. De là, il réunit toutes les populations d'ethnie wolof pour fonder cet empire au 13e siècle. 

Histoire :
L'empire du Djolof englobait les États du Cayor, Baol, Waalo, Sine, Saloum, une partie du Fouta-Toro et également une partie du Bambouk. C'est vers la fin du 12e siècle qu'il fut bâti. La construction de cet État est l'aboutissement du regroupement, et de l'organisation des futurs Wolof. En effet, à cette époque dans cette région du Djolof, vivaient divers peuples : Toucouleurs, Peuls, Sereres, Soninkés, Maures. Ces divers peuples, au fil des brassages, finirent par créer une culture homogène, ainsi qu'une langue commune. Ensemble, ils formeront le peuple Wa-laf, Wa signifiant ceux du pays Laf, les Wolofs d'aujourd'hui. Cet ensemble sous la houlette de Ndiadiane Ndiaye, fonderont l'État du Djolof. 
Après avoir rayonné et englobé la presque totalité du nord et du centre de la Sénégambie, l'empire s'affaiblit en 1549, avec la mort de l'empereur, Lélé Fouli Fak Ndiaye, qui fut tué lors de la bataille de Danki, qui se déroula près de Diourbel, dans l'ancienne région du Baol. Les régions allaient, tour à tour, prendre leur indépendance jusqu'à réduire le grand empire du Djolof aux dimensions d'une royauté dans la partie centrale du pays. Dans la seconde moitié du 19e siècle, les colons français annexèrent progressivement tous les royaumes du Sénégal. Le Djolof fut le dernier royaume annexé avec le dernier bourba, Alboury Ndiaye, sous l'impulsion de Louis Faidherbe.

D'un point de vue économique, l'empire du Djolof vivait du commerce transsaharien. L'une des causes de son éclatement est aussi due au fait que les royaumes côtiers et vassaux du Djolof, le Cayor, le Waalo, le Baol, le Sine et le Saloum, en bénéficiant du commerce transatlantique, plus rentable, ont pu devenir plus puissants économiquement, et donc se libérer de l'emprise du Djolof avec plus de facilité.

Religion :

La majorité des wolof est islamisée, mais la pénétration de l'islam fut assez tardive. Encore maintenant, de nombreuses superstitions se mêlent à l'Islam (crainte des sorciers, amulette de protection). Les marabouts forment des familles très influentes. L'originalité de l'islamisation, achevée à la fin du 19è, réside dans l'importance des confréries religieuses. Il existe deux confréries importantes : la tidjaniya et la confrérie des Mourides avec pour fondateur Cheikh Amadou Bemba.

Ethnie et Langue :
Du point de vue ethnique, au Djolof, deux ethnies étaient majoritaires, les wolofs et les peuls. Les Wolofs du Djolof ont pour beaucoup des origines sérères ou peuls / toucouleurs. Les peuls vivent disséminés autour des gros villages qui abritent les points d'eau. Il y a au Djolof une très ancienne cohabitation entre Peuls et Sereres. Le Djolof était considéré par ces groupes d'éleveurs comme la terre par excellence des pâturages de l'hivernage et le Saloum comme celle des pâturages de la sècheresse. 
On remarquera que les différentes langues ont été phagocytées par le wolof et le poular, les deux langues prédominantes. En tout état de cause, le Djolof, carrefour multiéthnique et pluriculturel, est bien le noyau de l'actuel Sénégal.
Aujourd'hui, du point de vue linguistique, le wolof du Djolof est influencé par le dialecte pulaar, de la même manière que le wolof du Sine et du Saloum est teinté de sérère et le wolof de la presqu'île du Cap-Vert d'accents lébous.

Organisation sociale :
L'ethnie wolof a longtemps régné sur ce royaume. Cette communauté est très hiérarchisée, elle est divisée en castes, chacune ayant un rôle bien défini.
On trouve au sommet de la hiérarchie, les gor (nobles) qui compte en leurs sein les garmi l'aristocratie éligible pour exercer la royauté. Ils détiennent le pouvoir politique et temporel. Ensuite, les Nye Nyo, les artisans : forgerons, artisans du bois aux origines peuls, coordoniers, tisserands et les Gueweul, les griots. Enfin, viennent les Diamé anciens esclaves.
L'ethnie wolof pratiquait une endogamie très forte, et les mariages avaient lieu exclusivement au sein d'une même caste et catégorie sociale.


 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article