Rescapés du Joola...

Publié le par Estelle

Rescapés du Joola...

Un roman poignant, relatant la terrible histoire du Joola, ce ferry reliant Ziguinchor (Casamance) à Dakar qui sombra le 26 septembre 2002 au large des côtes gambiennes.
J'avais envie de le faire partager pour faire découvrir le naufrage le plus tragique de l'histoire (plus de morts que pour le Titanic). Samba Diao, auteur Sénégalais, originaire de Ziguinchor, fait revivre heure par heure le drame.
« Ce vaste océan où je nageais en criant, le corps en sueur, mes bras se débattant contre les vagues déferlantes, n'était que mon lit, 23h à ma montre-réveil, comme chaque jour à la même heure depuis une semaine, le même cauchemar.
Mon cauchemar a été en réalité, au fond même de l'océan. C'était un jeudi aux alentours de 23h comme aujourd'hui : l'heure du naufrage du Joola ou plutôt l'heure de l'enfer du Joola.»
Il effectuait la liaison Dakar – Karabane – Ziguinchor : il reliait la Casamance, province isolée, au reste du Sénégal et évitait de transiter par la Gambie.
Pendant l'escale de Karabane, le ciel s'assombrit et une forte pluie a commencé à tomber.
 « Sous la pluie battante, le bateau avançait lentement, effleurant l'eau du fleuve. Je le sentais un peu plus incliné à gauche. Quelques minutes plus tard, l'averse cessa, laissant place à une épaisse brume sombre »
Un peu avant 23h, le Joola  naviguait à 40 km des côtes de la Gambie dans une mer houleuse. Comme à chacun de ses voyages au restaurant l'ambiance était à la fête et l'orchestre faisait danser les passagers. (Cà rappelle les scènes du Titanic !)
« La pluie tomba en grosses gouttes semblables à des nœuds de cordes. A la salle du resto, les occupants étaient dans l'ignorance de cette pluie la musique, les danses et autres chahuts n'ayant nullement baissé d'intensité. L'orchestre jouait un rythme endiablé, les cris de joie montaient crescendo. »
Tout s'est passé très vite, des bourrasques de vent ont accentuées l'inclinaison du ferry; il s'est renversé sur le côté et l'eau s'est engouffrée par les hublots, le Joola a chaviré brutalement en moins de cinq minutes ...
« Le navire s'enfonçait dans les abysses de la mer... Je parvins à sortir la tête de l'eau. Les vagues atteignaient une hauteur d'une dizaine de mètres. Moins de 7 minutes s'étaient passées. Nous étions aux alentours de 23h »
Les passagers restés à l'intérieur, surpris ou saisis dans leur sommeil, n'ont pas eu le temps de s'équiper de gilets de sauvetage. Dans l'obscurité seulement quelques personnes ont pu s'extraire du bateau en brisant les hublots.
« Mais la réalité était là. Nous étions bien assis sur la coque du navire. Dans l'obscurité, on ne put distinguer aucun visage. Seuls des pleurs et des invocations divines émanaient des rescapés »
Ils ont attendu toute la nuit jusqu'à 7h du matin avant d'être secourus par des pêcheurs en pirogues

Cet accident est sans précédent avec plus de 1 800 victimes (chiffres officiels)
« Vingt ans de rébellions armées n'ont rendu heureux que ceux qui nous empêchent de vivre en paix. Nous fuyions les coupeurs de route et nous nous sommes  heurtés à la tempête. »
Après 3ans d'absence, la liaison maritime a repris entre Dakar et Ziguinchor avec un nouveau bateau le Wallis, puis depuis mars 2008, avec l'Aline Sitoé Diatta.
C'est celui que j'ai pris pour me rendre la première fois dans cette belle région de Casamance...

gaal en wolof (bâteau)

DicoWolof

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