La fièvre de l'or : les orpailleurs du Sénégal Oriental

Publié le par Estelle

wurus en wolof (or)

DicoWolof

       Une chaleur étouffante, la couleur ocre dominante, nous nous arrêtons aux mines d'or du Sud est du pays. Une première pour moi ... les conditions sont un peu extrêmes ! 

Mais je suis repartie sans une pépite ... dommage!

     

       De 4 000 à 5 000 personnes, venant du Sénégal bien sûr, mais aussi du Mali, de la Guinée, de Gambie et d’ autres pays de la sous-région, creusent des trous profonds de 10 à plusieurs dizaines de mètres de profondeur, à la recherche de la roche renfermant de la poudre et aussi parfois des pépites d’or.

Une technique artisanale

Chaque trou, souvent voisin du suivant de quelques dizaines de centimètres, est géré par un propriétaire autorisé par un comité désigné par les mineurs. Il recrute des foreurs outillés sommairement par des forgerons locaux artisanaux, de concasseurs et de laveurs.

La poudre obtenue par broyage, concassage et meulage est entrainée puis délayée sur des plans inclinés appelés « moquettes » où la poussière d’or plus dense se dépose et est recueillie.

Au final, l’or est isolé par traitement au mercure. Formation chimique d’un « amalgame d’or », l’or pur est obtenu par chauffage et volatilisation du mercure.

Autour de ces mineurs s’est constitué un village de vendeurs de toutes sortes. Produits alimentaires, pièces mécaniques, et aussi des trafics de toutes sortes. 

La fièvre de l'or : les orpailleurs du Sénégal Oriental

Des effets désastreux sur la région

Les conséquences  de cette fièvre de l’or sont multiples :

  • abandon des champs par les paysans. A court terme, il y a de graves conséquences sur la sécurité alimentaire malgré la richesse monétaire.
  • les parents retirent leurs enfants de l’école pour la main d’œuvre. A terme, diminution de la scolarisation et recul important du programme d’alphabétisation,
  • Sur le plan médical, la manipulation à main nue du mercure hautement cancérigène amènera une augmentation de cette pathologie. Le métal est rejeté dans le fleuve et par la chaine alimentaire fluviale empoisonne l’eau, tous les poissons et les consommateurs,
  • développement important de tous les trafics, y compris drogue et armes et du banditisme.

On peut conclure que, paradoxalement, cet or apporte le malheur dans cette belle région.

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